Sur les traces des porteurs de soufre de Kawah Ijen

Acid lake of Kawah Ijen

Ah Kawah Ijen… depuis le temps que je voulais vous en parler ! C’est incontestablement mon coup de cœur en Indonésie. Je vous préviens d’avance, comme j’ai envie de tout vous raconter dans les moindres détails cet article risque d’être plus long que d’habitude. C’est parti !

L’Indonésie compte à elle seule environ 150 volcans, et je peux vous affirmer que parmi eux Ijen est incontournable ! Si ce n’est pas déjà le cas, il mérite vraiment que vous l’ajoutiez à votre bucket list. 😉

Le volcan Ijen a la forme d’une caldeira, bordée de plusieurs cônes volcaniques, dont le Kawah Ijen où se rendent chaque jour des centaines de touristes locaux et étrangers. On y va pour voir les mystérieux blue fires, son magnifique lac aux eaux turquoises (connu pour être le plus acide de la planète, ne vous en approchez pas !) et ses infatigables porteurs de soufre.

« Après l’effort, le réconfort. »

Cette expression n’a jamais eu autant de sens que ce jour où nous avons fait l’ascension de Kawah Ijen. Tout commence à 1h30 du matin, lorsqu’on a pris la route après trois courtes heures de sommeil…

Comme pour le Mont Bromo, on nous dépose au pied du cratère. La seule différence, c’est que cette fois-ci, c’est un « petit » trek de trois rudes kilomètres dans l’obscurité la plus totale qui nous attends. Pensez à prendre votre lampe torche ! Je vous l’avoue, l’envie de faire demi-tour a traversé mon esprit de nombreuses fois dans les moments les plus difficiles. J’ai honte, je sais. Surtout que le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Je me souviens qu’après le Mont Bromo, où nous avions trouvé l’air difficile à respirer, nous étions inquiètes pour Kawah Ijen.

C’est incomparable, les nuages de soufre à Ijen sont véritablement dangereux pour votre santé vie… Il est formellement interdit de descendre dans le cratère. On nous laisse le faire officieusement, mais les guides restent en haut, bien à l’abri…

Sachez que vous oublierez complètement tout ce que vous avez pu entendre dire avant l’excursion. Je sais que ces avertissements ne sont pas sans fondements, mais les choses sont tout de même moins effrayantes que ce que l’on peut s’imaginer avant d’y aller. Au final, j’ai même eu moins de difficultés à respirer à Ijen qu’à Bromo, c’est dire ! (On a eu de la chance, le vent était de notre côté.) Pensez quand même à prendre un foulard que vous humidifierez sur place pour vous couvrir le nez et la bouche si besoin !

Les hypnotiques flammes bleues de Kawah Ijen

People watching the blue fire at Kawah Ijen

Les blue fires  sont la principale raison pour laquelle on s’inflige un trek en plein milieu de la nuit jusqu’aux entrailles de Kawah Ijen. Ne comptez pas les voir si vous faites une grasse matinée, elles ne seront plus visibles une fois le jour levé !

Pour apprécier la mystérieuse beauté des blue fires, il vous faudra donc descendre au cœur du cratère de Kawah Ijen dans une obscurité plus que propice à perdre les autres membres de votre groupe et à trébucher sur chaque caillou qui parsème votre chemin. Ce n’est pas l’idéal pour prendre des photos…

Heureusement, on a rencontré un sympathique porteur qui nous a aidées à descendre la pente sans qu’on la dégringole. On a ainsi pu arriver saines et sauves jusqu’aux tant attendus blues fires.

Notre charmant porteur nous a même proposé d’approcher les flammes de près pour prendre quelques photos avec nos appareils. Le résultat est assez flou à cause du manque de luminosité et du mouvement continu des flammes, mais ça vous donne une idée.

Une fois notre curiosité satisfaite et notre porteur remercié, on ne perd pas de temps et on remonte le cratère pour assister au lever du soleil…

En marche jusqu’à l’aube, baby !

Par chance, en remontant, on croit retrouver certains membres de notre groupe. Je dis bien « on croit », car en fait il s’agissait juste de gens de notre hôtel dont le programme du jour était assez différent du nôtre. Mais ça, on ne s’en rendra compte que plus tard. On les suit donc jusqu’au rebord de Kawah Ijen, que l’on parcourt jusqu’au point de vue idéal pour voir le soleil se lever.

Au cours de cette petite randonnée, je pense avoir vu des paysages et jeux de lumière parmi les plus beaux que j’ai eu l’occasion de voir. Que ce soit au crépuscule, lorsque le ciel s’illumine tout juste assez pour que l’on distingue les silhouettes des reliefs alentours…

Crépuscule à Kawah Ijen
Trek nocturne à Kawah Ijen

Ou quand le cratère que l’on a sillonné quelques heures auparavant s’éclaire suffisamment pour que l’on en voit enfin les détails.

C’est un peu frustrant de ne pouvoir vous montrer que des photos. C’est insuffisant pour communiquer ce que l’on ressent quand on est là-haut, quand on surplombe l’immense cratère de Kawah Ijen, le vent dans les cheveux, et que les paysages qui nous entourent changent de couleur au fil des minutes. C’est une claque, et j’aimerai tant vous la partager !

Lorsqu’on arrive enfin au côté Est du cratère, il ne nous reste plus qu’à attendre que le soleil se lève. Là encore c’était sublime, pas juste ordinaire comme à Kuta. 😉

Lever de soleil vu depuis Kawah Ijen

Lever de soleil vu depuis Kawah Ijen

En redescendant retrouver notre groupe, on s’est rendues compte qu’on était les seules à avoir assisté au lever du soleil, nos compagnons de route étant restés au niveau du cratère. Pour une fois, on a bien fait de se « perdre » ! 😀

Les porteurs de soufre, ces incroyables titans

Porteur de soufre de Kawah Ijen

Autre particularité de Kawah Ijen, les importantes quantités de soufre qui se dégagent du volcan sont extraites par les porteurs de soufre.

Deux fois par jour, chaque porteur ramène entre 75kg et 90kg de soufre qu’il porte sur l’épaule à l’aide de deux paniers. Il les porte en montant la pente rocailleuse de 300m pour sortir du cratère. Il les porte en redescendant les 3km de terre glissante qui le ramènent au pied du volcan. D’ailleurs, même sans soufre, cette pente est si rude qu’il est presque aussi compliqué de la descendre que de la monter !

Les porteurs de soufre vendent ensuite leur butin pour 250 Roupies le kilo, ils peuvent espérer se faire entre 30 000 Rp et 40 000 Rp par jour. Mais à quel prix !

Vous vous en doutez, ce travail n’est pas sans conséquence sur leur santé. L’intense effort physique qui leur est demandé et la quantité de gaz qu’ils inhalent chaque jour réduisent considérablement l’espérance de vie des porteurs.

Porteurs de soufre de Kawah Ijen

Si jamais vous le voulez, vous pouvez leur acheter de petites amulettes sculptées dans du soufre. C’est pour eux une façon d’arrondir les fins de mois.

Porteur de soufre de Kawah Ijen

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6 réflexions sur “Sur les traces des porteurs de soufre de Kawah Ijen

  1. C’est magnifique et les paysages sont assez irréels ! Et de très belles photos, j’aime particulièrement celles où les ombres des montagnes et des personnes se découpent alors que le soleil commence à peine à se lever 🙂

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  2. Pingback: Gili Air, un petit bout de paradis | Let's feel infinite

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