Fundraiser, mon premier job en Australie

Qu’on se le dise, je suis parfois sacrément chanceuse et j’en ai bien conscience ! Que ce soit lorsque j’ai gagné un voyage incroyable en Thaïlande ou lorsque j’ai trouvé un emploi deux jours à peine après être arrivée à Brisbane.

On nous avait prévenues, trouver un emploi en Australie ne serait pas aussi simple qu’il y a 5 ou 6 ans. Pensant donc que mes recherches allaient durer looongtemps, j’ai lancé la machine dès mon arrivée à Brisbane et j’ai postulé à trois offres sur Gumtree pour devenir fundraiser. Je pensais avoir le temps de chercher autre chose les jours suivants… C’était sans compter qu’on me rappelle dès le lendemain pour fixer un entretien d’embauche !

Mais fundraiser, c’est quoi exactement ?

Mais si, vous savez… ce sont ces gens qui vous arrêtent brusquement dans la rue pour vous inciter à soutenir une œuvre de charité ! Non vous ne savez peut-être pas, parce que comme la plupart des gens vous n’avez ni le temps, ni l’envie de vous arrêter pour écouter ce qu’ils ont à vous dire (je ne juge pas, j’étais exactement pareil à Paris).

Et bien suite aux conseils d’un ami, je me suis lancée pour m’essayer à ce job qui n’avait a priori rien pour me plaire. Il faut savoir sortir de sa confort zone…

L’entretien d’embauche

On a beau penser savoir parler anglais, un premier entretien dans un pays anglo-saxon ça met la pression. J’en ai passé deux dans des sociétés différentes, à quelques heures d’intervalle. J’ai échoué le premier, qui me semblait pourtant s’être bien passé, et j’ai réussi le second, sans vraiment comprendre pourquoi.

Pour ceux qui cherchent des infos à ce sujet, les entretiens peuvent être très différents les uns des autres. Celui que j’ai raté était en groupe, celui que j’ai réussi était individuel et n’a pas duré plus de 10-15 minutes. On m’a entre autres demandé de me présenter, ou de présenter la personne à côté de moi, pourquoi je postulais à ce job, de faire la liste des qualités nécessaires pour être un bon fundraiser, ce que j’avais de plus que les autres candidats… Pour celui de groupe, j’ai même dû descendre dans la rue pour poser des questions à des inconnus et me familiariser avec l’amabilité des citadins !

Le soir même on me rappelle donc et on m’annonce que sur 65 candidats je fais partie des 10 heureux élus à avoir été embauchés. L’aventure peut commencer !

Les débuts

Tout commence par la journée de formation. Avant qu’elle ne débute, on scrute les visages autour de nous et on reconnaît quelques personnes croisées aux entretiens. Les langues se délient, on fait connaissance. A la fin de la journée, après quelques pep talks bien menés, on est tous hyper motivés, on se dit qu’on a peut-être jugé le job un peu rapidement, on fait des paris sur nos objectifs. On était naïfs…

Premier jour, à peine arrivée j’apprends qu’une des filles avec qui je m’entendais bien a démissionné dans la matinée. Ça promet ! Quelques heures plus tard, l’idée d’en faire de même me traverse l’esprit toutes les 5 minutes, ou presque. Aborder des inconnus dans la rue, qui n’ont aucune envie de s’arrêter et encore moins de nous écouter, ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable. Plusieurs fois j’envisage de me cacher derrière un buisson et d’attendre que la journée se termine, mais une petite voix dans ma tête m’interdit de céder à ces pensées enfantines.

Heureusement, mon team leader est drôle et excessivement bavard. La difficulté des premiers jours est atténuée par nos longues discussions et les fou-rires que l’on a tout au long de la journée. Et puis c’est la première fois qu’il doit gérer une équipe, je lui promets donc de ne pas démissionner… avant la fin de la semaine, quand lui-même a prévu de partir voyager en Inde !

Les road-trips

Grâce à mon team leader, j’ai pu bénéficier dès ma deuxième semaine d’un des plus gros avantages du job : je suis partie en road trip dans de petites villes australiennes. Durant 15 jours, accompagnée d’un adorable couple de hollandaises et d’une joyeuse brésilienne, j’ai découvert un nouveau patelin chaque jour, loin de la pression citadine.

Autre avantage, qui n’est selon moi pas négligeable du tout : ça m’a permis de faire plus d’économies qu’en temps normal puisque le logement et les déplacements sont payés par l’entreprise. Ça m’est revenu beaucoup moins cher que de rester en ville, où je devais payer un loyer (certes, pas cher du tout, mais un loyer tout de même) et où je me ruinais en titres de transport (les transports à Brisbane sont UN GOUFFRE pour vos finances !!!).

Enfin, à travailler dehors toute la journée, on prend des couleurs. Très vite, j’avais un joli hâle doré. 😉

La fin d’une belle histoire d’amour… ou pas.

Il ne faut pas se leurrer, si vous n’atteignez pas votre objectif, on ne vous gardera pas éternellement dans les rangs. Si ce genre de boites recrute à la pelle, c’est parce que la plupart des candidats finissent par démissionner ou se font licencier. Sur les 10 candidats recrutés le même jour que moi, nous n’étions plus que deux en poste au bout de trois semaines… et nous pensions déjà tous les deux à démissionner pour reprendre nos voyages !

Si je suis restée aussi longtemps (1 mois), c’est parce que j’ai eu la chance d’avoir des team leaders géniaux, qui m’ont soutenue et encouragée, mais plus important, qui ont cru en moi et l’ont fait savoir à leurs supérieurs.

Mais après trois semaines de résultats insatisfaisants, il n’y a rien à faire, l’ultimatum tant attendu finit par tomber : « Si tu n’as pas de signature aujourd’hui, on ne pourra pas te garder plus longtemps ». Heureusement pour moi c’est arrivé pile au moment où je voulais partir, ce qui m’a donc grandement facilité la tâche !

Oups, je n’ai pas eu de signature ce jour-là…

Et donc, au final, j’en retiens quoi ?

Et bien je n’ai pas aimé ce job. Même si c’est pour la bonne cause, il s’agit de vente pure et dure : on doit convaincre des gens qui n’en n’ont pas vraiment envie de s’engager à long terme auprès d’une œuvre de charité. On se prend un nombre incalculable de vents, on peut croiser des gens désagréables, on a parfois du mal à échapper à quelqu’un qui nous tient la jambe depuis des heures, on doit rester sur place même contre vents et marées…

MAIS (ouf, il y a un mais), même si ce n’était définitivement pas le bon job pour moi, je ne regrette pas du tout cette expérience. Je vous le dit tout de suite, la plupart des jobs de backpackers sont merdiques, celui-là ne l’est pas plus qu’un autre !

En étant fundraiser, j’étais assez bien payée (entre 18$ et 21$ de l’heure), parfois pour papoter ou rire jusqu’à en avoir mal aux joues. J’ai BEAUCOUP ri. Bon, j’ai beaucoup râlé aussi… On lève le coude gratuitement tous les vendredis soirs, ce qui n’est pas anodin vu le prix de l’alcool ici. Et surtout, on rencontre des gens géniaux venant du monde entier. On nous a dit dès l’entretien que les fundraisers étaient essentiellement recrutés pour leur personnalité, je veux bien le croire. J’ai adoré chaque personne que j’ai rencontrée à ce job et pour la plupart, je les ai revus par la suite et suis encore en contact avec eux.

En plus, ce métier vous pousse à sortir un peu de votre coquille. Aujourd’hui, aborder des inconnus pour n’importe quelle raison ne me pose plus aucun problême. C’est pour ça que, même si comme moi vous pensez détester le job, je vous conseille quand même de tenter l’expérience. Vous n’avez rien à perdre et tout à y gagner !

Et puis ça reste plus sympa que de se morfondre devant son écran, en attendant qu’un autre job daigne vous appeler… 😉

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3 réflexions sur “Fundraiser, mon premier job en Australie

    • Je pense que c’est un réflexe humain. Tu sais qu’on va te faire la conversation pendant 1h pour finalement demander quelque chose que tu n’as pas forcément envie de donner, du coup tu essaies d’esquiver tout ça. 😉

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  1. Pingback: Trouver du travail en Australie : quelques conseils | Let's feel infinite

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